L'ouvrier des années soixante pouvait (et à raison) espérer atteindre en fin de carrière, le niveau de vie d'un cadre. En effet durant cette période, le taux de croissance annuel moyen du salaire ouvrier oscillait de 3 à 4% ce qui laissait supposer un rattrapage imminent des classes aisées par les classes moins favorisées... Cet espérance semble aujourd'hui hors de propos, le salaire ouvrier ne croissant plus que de 0.5%.
Ce constat met en évidence la double dynamique économique et sociale qui caractérise le XXème siècle en France : réduction des inégalités, puis rebond de celles-ci depuis une trentaine d'années. Dans une société démocratique une inégalité est une différence qui crée un tort, qui lèse un individu et qui crée une injustice. L'inégalité est tant économique (écarts de revenus, de salaires, de patrimoines...) que sociale (consommation, niveau de vie, logement...). Bien souvent ces différents types d'inégalités se combinent et se renforcent entre elles. Dès lors, dans quelle mesure peut on dire que la société française est devenue moins inégalitaire au cours du XXème siècle... ? (...)
[...] Le réseau créé par les inégalités entre elles serait fastidieux à décrire. Aussi paraît il important de dégager la tendance générale : d'une part les inégalités économiques se renforcent entre elles, d'autre part elles entraînent dans leur sillage de nombreuses inégalités sociales Ainsi dans le cadre de la hausse du chômage et de la précarité du travail, les individus ont de plus en plus de difficultés d'accéder au logement (ce qui soit dit en passant réduit leur chance d'obtenir un emploi), ou encore à la santé. [...]
[...] Cet indicateur composite rend en effet compte des variations inégalités et de la pauvreté. Finalement, les inégalités se sont globalement réduites au Xxème siècle en France : la baisse des inégalités économiques a engendré une baisse des inégalités sociales et a ainsi contribué au développement d'une vaste classe moyenne Toutefois, depuis les années 80, de nombreux éléments nous révèlent d'une part la fin de la dynamique d'égalisation des conditions et par ailleurs un retour en force des inégalités, tant économiques et sociales, sous l'effet du ralentissement de la croissance, de l'explosion des inégalités de patrimoine ou encore du phénomène de cumul des inégalités qui fragilise les moins favorisés. [...]
[...] B)Cette réduction des inégalités économiques s'explique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, dans le contexte des trente glorieuses les entreprises ont vu leur productivité augmenter de manière spectaculaire, notamment grâce à la généralisation du modèle Tayloro-fordiste d'organisation scientifique du travail. Dès lors ces gains de productivité ont entre autre permis d'augmenter le salaire des ouvriers ce qui a permis une forte croissance de celui-ci .Ensuite l'on pourrait mettre en avant une politique nettement favorable à la redistribution du revenu en faveur du salarié ,en effet avec la mise en place d'un Etat providence, le partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise favorisait clairement les revenus du travail (en opposition à ceux du capital). [...]
[...] Par ailleurs durant la période des 30 glorieuses, une grande partie des français devient propriétaire de son logement Cependant, la réduction des inégalités sociales ne découle pas totalement de la baisse des inégalités économiques. En effet elles s'expliquent aussi par une volonté politique. Ainsi l'on notera l'importante dynamique de réduction des inégalités scolaires. En 1947 ,c'est l'instauration du plan Langevin- Wallon. Il instaure une certaine méritocratie et une certaine égalité des chances : par exemple la mise en place d'un tronc commun dans l'enseignement souligne bien sa démocratisation. Par ailleurs il prévoit un enseignement obligatoire et gratuit jusqu'à l'âge de 18 ans. [...]
[...] instaurant un certain retour en force des inégalités économiques. Si l'on observe le strobiloïde du revenu et du patrimoine pour l'année L'on remarque un étalement très net des catégories sociales de part et d'autre du patrimoine brut médian (76000 euros) , témoin de très fortes disparités : 10% des individus ont près de 4 fois plus que le revenu médian; la médiane du patrimoine brut des cadres se situe à près de 3 fois le patrimoine brut moyen tandis que 25% des ménages touchent en dessous de 0.15 fois le revenu moyen du patrimoine. [...]
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