Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq, roman, fantastique, amour, guerre, mystère, sensations
Publié en 1951 aux éditions José Corti, Le Rivage des Syrtes est le second roman de Julien Gracq après Un Beau Ténébreux en 1945. Julien Gracq déploie une écriture éthérée qui transporte le lecteur au coeur d'une atmosphère mystérieuse.
À travers les pérégrinations du personnage principal, Aldo, dans la cité d'Orsenna assiégée, Gracq crée un univers envoûtant où les sensations primaires priment sur l'action.
[...] Le champ lexical du rêve (« rêve ») associé à des images paradoxales comme le « colosse perclus » ou la « ruine habitée » entraine le lecteur dans une forme de songe. Gracq use de comparaisons surprenantes qui interpellent l'imaginaire plus que le raisonnement. Plongé dans cette atmosphère contemplative, le lecteur est enveloppé par les émotions des personnages. Gracq parvient ainsi à transmettre avec délicatesse des états d'âme complexes grâce à son style poétique. Loin de tout manichéisme, il invite à partager une forme de sensibilité propre à l'auteur. Ce faisant, il entraîne le lecteur dans une rêverie mélancolique des plus singulières, révélatrice de sa pensée mystérieuse et métaphysique. [...]
[...] De même, la comparaison de la lumière au "pinceau tâtonnant" suggère le caractère éphémère des perceptions visuelles. Cette écriture crépusculaire se concentre sur les effets lumineux changeants plus que sur la narration des événements. Gracq brouille ainsi les repères spatio-temporels pour mieux faire partager au lecteur des sensations fugaces. En privilégiant la description impressionniste, l'auteur place au premier plan les perceptions sensibles du personnage plus que le déroulé de l'intrigue. Cette primauté des impressions renforce le caractère onirique de l'atmosphère mystérieuse dépeinte. [...]
[...] Le Rivage des Syrtes - Julien Gracq (1951) - En quoi l'écriture de l'auteur est-elle singulière et incisive ? I. Présentation générale Publié en 1951 aux éditions José Corti, Le Rivage des Syrtes est le second roman de Julien Gracq après Un Beau Ténébreux en 1945. Julien Gracq déploie une écriture éthérée qui transporte le lecteur au c?ur d'une atmosphère mystérieuse. A travers les pérégrinations du personnage principal, Aldo, dans la cité d'Orsenna assiégée, Gracq crée un univers envoûtant où les sensations primaires priment sur l'action. [...]
[...] Cette importance accordée au registre sensible est renforcée par sa recherche d'impressionnisme qui brouille les repères spatio-temporels pour mieux faire partager des sensations fugaces au lecteur. Cette écriture protéiforme dévoile une recherche stylistique approfondie, révélatrice de la pensée singulière de Gracq. En stimulant les sensations plus qu'en narrant une intrigue, il parvient à emporter le lecteur dans une atmosphère, un univers à part. Loin d'une narration linéaire, il offre une exploration inédite des profondeurs de l'âme humaine à travers la richesse de sa plume poétique. [...]
[...] Cette évocation sensuelle plonge le lecteur au c?ur de l'atmosphère mystérieuse du roman. De même, Gracq use d'un style intimiste pour suggérer l'émoi amoureux de manière charnelle, comme le montre cette citation : « Je sentais la caresse légère de ses doigts sur mon cou comme une brûlure, et, à un coup de roulis brusque, son pied se posa sur le mien, et elle me ceintura de ses bras tièdes, en riant d'un rire un peu précipité ; j'étais hors d'état de rien dire, mais je pressai ce pied nu, tout glacé sur les planches humides, son bras s'attarda une seconde autour de moi, et je sentis l'odeur d'enfance et de forêt de ses cheveux. ». [...]
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