Sátántangó, Le Tango de Satan, film, Béla Tarr, narrateur, dramaturgie, fantaisie, bien et mal, surnaturel
Ce film hongrois d'une durée de 450 minutes a été réalisé par Béla Tarr en 1994. Il s'agit d'un drame adapté du roman éponyme de l'écrivain hongrois László Krasznahorkai, paru en 1985. Les acteurs principaux sont Mihály Víg (dans le rôle d'Irimiás) et Putyi Horváth (dans le rôle de Petrina). Le scénario a été écrit par László Krasznahorkai et Béla Tarr. Le film a été récompensé en 1994 par le Prix Caligari et le Prix Oecuménique à la Berlinale ainsi que le Prix de l'Âge d'or. Béla Tarr a confié dans un entretien qu'un ami lui avait fait découvrir le livre de Krasznahorkai lors de sa parution en 1985 et qu'il en était « tombé amoureux ». Il a ainsi pu rencontrer l'auteur avec lequel il s'est lié d'amitié, ce qui l'a conduit ensuite à vouloir adapter le roman au cinéma.
[...] Mais une rumeur annonce le retour imminent de deux anciens hommes du village, Irimiás et Petrina, réputés être morts. Les habitants les attendent dans un mélange d'espoir et de crainte, de confiance et de méfiance. Le retour d'Irimiás et de Petrina coïncide avec un drame, le suicide d'une petite fille du village, simple d'esprit, Estike. Irimias profite de l'occasion pour adresser un discours culpabilisant aux habitants et les exhorte à recommencer une nouvelle vie dans un manoir situé hors de la coopérative. En toute confiance, les villageois confient à Irimiás leurs économies pour ce projet. [...]
[...] Ou comme si Satan avait fini par plonger le monde dans les ténèbres. Une dimension spirituelle, surnaturelle ou fantastique En référence au titre du film, Satan est l'incarnation du mal et intervient parmi des êtres dotés de tous les vices et de tous les péchés : violence, luxure, cupidité, égoïsme, mensonge, concupiscence, vanité. Même Estike, censée incarner l'innocence de l'enfance face au monde décadent et corrompu des adultes, torture son chat avant de le tuer. Le nom d'Irimiás a peut-être été choisi en référence au prophète de l'Ancien Testament Jérémie, il serait donc le messager messianique venu laver les villageois de leurs péchés. [...]
[...] Le Tango de Satan (Sátántangó) - Béla Tarr (1994) Identité du film1 Ce film hongrois d'une durée de 450 minutes (soit 7h30) a été réalisé par Béla Tarr en 1994. Il s'agit d'un drame adapté du roman éponyme de l'écrivain hongrois László Krasznahorkai, paru en 19852. Les acteurs principaux sont Mihály Víg (dans le rôle d'Irimiás) et Putyi Horváth (dans le rôle de Petrina). Le scénario a été écrit par László Krasznahorkai et Béla Tarr. Le film a été récompensé en 1994 par le Prix Caligari et le Prix Oecuménique à la Berlinale ainsi que le Prix de l'Age d'Or. [...]
[...] Une métaphore de la chute du communisme soviétique Le Tango de Satan dresse le portrait d'une société hongroise en décadence ou en faillite, viciée et vidée de toute substance, dénuée de tout lien humain, expression de l'agonie de la période communiste soviétique. Cela fait écho à une possible fin du monde ou une « fin de l'histoire »5, qui se traduit dans le film par un condensé de pluie qui submerge, de vent qui emporte, de boue qui ensevelit. Le ton est donné dès le début du film où, sept minutes durant, on observe un troupeau de vaches se mouvant dans une ambiance cafardeuse. Le point de vue de Béla Tarr est pessimiste, voire nihiliste. [...]
[...] Cette palette accentue le froid, la pluie, le brouillard, l'obscurité, la pourriture, la moisissure. Le choix du noir et blanc signifie en effet pour le réalisateur que l'on ne se trouve pas dans « quelque chose de réaliste, mais dans la création »6. La société hongroise communiste se délabre et se délite tant sur le plan matériel que moral (alcool, prostitution). Les protagonistes vivent dans la promesse d'un avenir meilleur qui est à la hauteur de la désillusion à laquelle ils seront confrontés, métaphore des promesses vaines et des mensonges du régime communiste7. [...]
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